Cesse donc de te mentir à toi-même, arrête de nier l'évidence, tout ce que tu vois, tout ce que tu crois n'est que tromperie. Ne te voile pas la face, même tes plus fortes convictions ne parviendront pas à obstruer la réalité. Enlève le voile qui t'empêche de voir, ouvre les yeux une bonne fois pour toute et ne les referme plus, garde les grands ouverts et accepte enfin de ne pouvoir l'oublier....
Les jours passent mais l'espoir, lui, perdure. Je n'ai jamais voulu croire que les choses avaient une fin, malgré tout ce qu'il m'a dit ou peut-être à cause de ça, trop de contradictions, mon esprit s'embrouille, divague chaque jour un peu plus...
Quand nos coeurs auront cessé de battre, quand tout désir se sera éteint, quand on aura cessé de croire alors oui ce sera la fin, mais là c'est seulement une pause, un vide, un petit bout de néant, mais ça ne durera pas hein? Si seulement tu pouvais me dire que plus tard ce sera différent, que plus tard tout changera. Je t'ai menti tu sais, je ne peux pas m'empêcher d'attendre, les espoirs ne se tarissent pas aussi facilement qu'on le voudrait. J'erre dans les rues désertes la nuit, et puis surtout je me contredis, sans cesse. C'est la fin, il me l'a dit, mais non je ne parviens pas à le comprendre. C'est si dur de s'avouer vaincue. Et si j'étais amoureuse? Non c'est impossible, ça fait bien trop mal. Je n'y crois plus, je n'ai même pas le droit d'y croire. Chaque parole, chaque geste est prétexte à l'espérance. Mais je ne peux pas, je ne dois pas, ce serait tellement plus simple pour tout le monde si je cessais de croire, si j'arrêtais de m'imaginer qu'une autre réalité
est possible.
Je veux écrire jusqu'à en avoir mal aux doigts, jusqu'à en avoir mal au coeur de ressasser tous ces sentiments, écrire jusqu'à l'anéantissement, vider de mon esprit tous ces mots qui m'écorchent, ces mots qui me heurtent, laisser une place à l'infini, au possible, et faire table rase du passé.
Raccroche-toi à tes souvenirs tant que tu le peux, ils s'effilochent peu à peu et tu en en es consciente, bientôt ce ne seront plus que des lambeaux de rêves que tu tiendras entre tes mains.